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Lutter contre le réchauffement climatique à l’échelle de la maison

2019 commence et je me suis demandée quelle pouvait être ma contribution en ce début d’année pour lutter contre le réchauffement climatique et se préparer à l’avenir très proche sans pétrole. Et pourquoi pas essayer de lister ce qui est possible de mettre en place à l’échelle de la maison / de la famille pour réduire son empreinte carbone :

1/ Alimentation :

Devenir végétarien ou diminuer drastiquement sa consommation de viande.  Cultiver ses légumes, ses fruits (en fonction de la taille de son jardin). A ce sujet, je vous invite fortement à vous renseigner sur la permaculture et la phénoculture (à ce sujet, lire le livre : Le Potager du paresseux). Je détaillerai ces points plus précisément dans un autre article. Acheter sa nourriture à des producteurs locaux, correctement rémunérés (pour cela les AMAP sont très utiles, et la magasin comme Biocoop).

Un initiative intéressante s’appelle les Incroyables Comestibles. Popularisée par le film « Demain », elle permet à des habitants d’un quartier ou d’un village d’installer des plantations de légumes et fruits à partager gratuitement.

2/ Déchets :

Recycler cartons, verre (plusieurs bacs doivent être installés dans la cuisine directement pour faciliter le tri). Utiliser un composteur pour les déchets verts (adapter celui ci à la taille du logement – il en existe de toute taille). Acheter les produits en vrac ou dans des contenants recyclables (faire ses courses dans une AMAP ou dans des magasins comme Biocoop autant que possible).

3/ Déplacements :

Pour amener les enfants et aller au travail, en fonction de la distance on va privilégier la marche, le vélo, les transports en commun ou si la distance est trop importante le covoiturage. Pour ce dernier, des sites comme BlaBlaCar marchent très bien. 4 personnes dans une voitures polluent moins / créent moins de bouchon / dépensent moins d’argent qu’une personne dans 4 voitures ! Tout le monde s’y retrouve.

Pour faire ses courses, utiliser la marche ou le vélo pour aller chez les commerçants de proximité ou se faire livrer par les magasins bio (de cette manière les courses sont en quelque sorte « covoiturées » !). Eviter les supermarchés en périphérie des villes qui nécessitent de prendre la voiture, utilisent des emballages en plastique, tuent le commerce de proximité et sont un lieu de non échange, de non sociabilité.

Le choix du lieu de vie est donc primordial. Vivre dans un logement proche de son travail, des établissements scolaires et des commerces est beaucoup plus compatible avec le mode de vie décarbonné que nous devons adopter que de choisir une maison en lotissement. Cela a un fort impact sur le prix. Nous y reviendrons à la fin.

4/ Eau

Pour les besoins qui ne nécessitent pas d’eau potable, on mettra en oeuvre une cuve de récupération des eaux de pluie liée à un double réseau (eau de pluie / eau de ville) pour alimenter les WC et le lave-linge. La capacité de la cuve étant limitée, je ne la conseille pas forcément pour l’arrosage du jardin. A ce sujet, on doit commencer à éviter de planter de l’herbe (très consommatrice d’eau) et privilégier l’espace pour un potager ou des fruitiers. La phénoculture (couverture par le foin) permet de diminuer ou supprimer ses besoins en arrosage. S’ils sont très faibles, on pourra envisager d’utiliser la cuve de récupération, sinon il pourra être intéressant de faire un puits (à condition qu’il y ait de l’eau sous le terrain bien sûr). Dans tous les cas, on n’utilise pas de produits dans le jardin (on travaille en bio, en permaculture ou en phénoculture), de manière à ne pas contaminer la nappe.

Pour limiter la consommation d’eau à l’intérieur de la maison, il faut faire en sorte que le réseau qui chauffe l’eau (ballon thermodynamique par exemple) soit central ou proche des équipements sanitaires (ou d’isoler les conduits), de manière à ne pas laisser couler l’eau plusieurs secondes pour attendre qu’elle soit chaude. On réutilisera l’eau de cuisine pour arroser les plantes.

5/ Construction

Privilégier la rénovation / extension (valoriser l’existant). Dans ce cas, isoler le logement de manière performante (contrairement aux idées reçues, les fenêtres ne permettent pas de réduire fortement sa consommation. Il faut avant tout isoler le toit et les murs. Un thermicien ou un architecte sont à même de vous conseiller à ce sujet. Nous ne conseillons pas de faire appel directement à un artisan qui n’est pas neutre (il aura tout intérêt à vous faire changer de chaudière s’il est chauffagiste par exemple !)

Si cela n’est pas possible, la construction neuve peut être envisagée mais en revoyant les modes constructifs : les cimenteries sont très émissives en CO2. Nous proposons pour supprimer la quasi totalité du béton d’utiliser des fondations à visser, un plancher bois, des murs en ossature bois, un toit terrasse en bois recouvert d’une végétalisation. L’inertie nécessaire à la maison sera apportée par un mur en terre crue par exemple et les ouvertures protégées de la chaleur par des brise-soleil. Pour l’isolation, il existe des produits biosourcés très intéressants fabriqués par des groupes coopératifs comme Biofib’Trio en France.

6/ Energie

Les maisons neuves sont aujourd’hui « RT2012 » et consomment donc beaucoup moins que les précédentes générations de maisons. Il y a cependant de plus ou moins bonnes idées.

Les sources de chauffage : Si un des meilleurs générateurs semblent être la chaudière bois, celle-ci est souvent reléguée à cause de son coût. Le poêle à bois peut être adapté à des logements compacts mais pas aux autres. Reste à choisir entre la pompe à chaleur (électrique mais avec un très bon rendement) ou la chaudière gaz. De notre côté, le gaz ne doit pas être privilégié.

Ce chapitre mériterai d’être approfondi mais beaucoup d’articles y sont déjà consacrés.

7/ Prix de la construction

Si certaines de ces actions sont neutres en terme d’argent ou plutôt économiques (produire ses légumes par exemple ou diminuer sa consommation d’eau), d’autres représentent un coût non négligeable : construction en ossature bois, vivre en ville ou en coeur de village.

Pour assumer ce surcout, il faut modifier notre façon de penser :

Tout d’abord, si le cout au m2 est plus élevé (construction bois), la taille du logement doit être réduite. Les pièces peuvent avoir plusieurs usages (un bureau peut servir de chambre d’amis) ou être partagées par plusieurs familles (un groupement de maison peut construire une pièce commune qui servira de chambre d’amis). Si le lieu de socialisation de la maison est le séjour (et la cuisine), les chambres (parents et enfants) n’ont pas besoin d’être grandes. On valorise plutôt l’espace extérieur (pour ré-apprendre également aux enfants à jouer dehors, cultiver, plutôt que de rester devant un ordinateur ou une TV dans une chambre). Pensez bien aussi qu’une maison bien conçue (par un.e architecte) ne comportera pas de place perdue (notamment dégagements) et sera donc plus économique en terme de m2.

Ensuite, puisque le prix des terrains en ville est devenu exorbitant, il faut imaginer de nouvelles façons de vivre pour s’y installer. Les Baugruppen (habitat groupé) sont un concept dès répandu en Allemagne et en Autriche et qui commencent à se développer en France (mais très timidement). Il s’agit de se regrouper à plusieurs familles pour construire un lieu de vie pour chacun sur une même parcelle. Etudié par un.e architecte, les habitats sont indépendants et offrent des accès sur l’extérieur, de l’intimité tout en partageant certaines parties ou équipements (garage à vélos, stockage, microstations parfois, chaudière bois, chambre d’ami.es, buanderie, piscine…). Cela permet à tous de bénéficier de nombreux équipements tout en ayant également l’intimité de son logement. Les prix sont ainsi considérablement réduits.

 

Nous avons beaucoup de travail pour modifier nos manières de vivre. Si au début nous allons avoir l’impression d’être contraints, cela va déboucher sur une société plus humaine ou le lien social et le partage vont nous offrir beaucoup plus je pense que ce qui nous quittons dans notre mode de vie actuel.